À l’heure où l’étape de Tenerife débute, Antoine Martin occupe une prometteuse 4ᵉ place au classement mondial. Auteur d’un excellent début de saison, le Français s’est illustré par sa régularité et sa capacité à rivaliser avec les meilleurs sur des spots aussi exigeants que Maui ou les Fidji. Avant de retrouver la compétition dans les vagues des Canaries, il revient pour Planchemag sur sa première partie de saison, son état de forme, sa préparation et ses ambitions pour la suite de la saison.
À mi-saison, tu occupes la 4ᵉ place mondiale. Quel regard portes-tu sur ton début de saison et sur le niveau de performance que tu affiches actuellement ?
Je suis assez content de ce début de saison. J’ai bien commencé l’année. Maintenant, les Canaries représentent une période un peu plus compliquée pour moi, parce qu’il faut réussir à maintenir mon classement dans des conditions qui me correspondent moins. C’est un vrai défi mental, mais je suis content d’être là, de participer à ces événements et d’attendre les étapes qui me ressemblent davantage pour essayer de rebondir.

Physiquement et mentalement, dans quel état arrives-tu à ce moment clé de la saison ? Est-ce que tu sens que tu es encore en progression ou déjà proche de ton meilleur niveau ?
Mentalement, je me sens bien, physiquement aussi. Avec l’expérience, je connais mieux mes atouts et mes défauts, ce qui me permet de construire le meilleur heat possible. Je pense que j’ai encore une petite marge de progression, même si, à ce niveau, chaque palier est de plus en plus difficile à franchir.
Tu as réalisé de belles performances à Maui et aux Fidji. Quels sont les moments qui t’ont le plus marqué sur ces deux étapes, que ce soit en compétition ou en dehors ?
À Maui, refaire une finale m’a vraiment fait plaisir. C’est un spot où le niveau est très élevé et où beaucoup de mes potes s’entraînent et vont régulièrement en finale. Forcément, ça donne envie d’en faire partie. J’ai aussi réussi un Goiter No Hand, qui reste un de mes plus gros highlights. J’ai eu énormément de retours positifs, donc ça fait plaisir de marquer un peu les esprits.
Aux Fidji, au-delà de la compétition, c’est surtout le voyage qui m’a marqué. On est partis entre potes sur un bateau, avec tout le matériel, à naviguer d’île en île et de spot en spot. Pour un windsurfer, c’est un rêve absolu. Ce sont des souvenirs qu’on garde toute une vie.
Ces destinations sont réputées pour leurs conditions exceptionnelles mais aussi très exigeantes. Quelles ont été les principales difficultés rencontrées à Maui et aux Fidji : les conditions, la pression du résultat, l’adaptation au spot ?
Honnêtement, la plus grosse difficulté, ça a été de trouver les moyens d’aller aux Fidji. Je n’avais pas prévu cette étape. J’ai dû travailler pour pouvoir financer le voyage et j’ai aussi eu l’aide d’amis. Sans eux, je n’aurais probablement même pas pu participer. Une fois sur place, en revanche, tout ce que j’ai vécu n’a été que du positif.

Quand tu regardes tes prestations sur ces deux événements, y a-t-il une vague, un heat ou un moment précis dont tu es particulièrement fier ?
Je dirais mon premier heat aux Fidji. En général, j’ai besoin d’un peu de temps pour rentrer dans une compétition. Je fonctionne un peu comme un diesel : il me faut quelques vagues et quelques heats pour prendre confiance. Cette fois, je me suis senti dans le rythme dès le début, et ça m’a vraiment fait plaisir.
Cette saison, la concurrence semble plus relevée que jamais. Selon toi, qui est aujourd’hui ton plus grand rival sur le circuit et pourquoi ?
Franchement, il y a énormément de riders capables de gagner aujourd’hui. Mais pour moi, mon plus grand rival, c’est moi-même. Je sais ce que j’ai à faire, et souvent, la différence se joue surtout dans notre capacité à donner le meilleur de nous-mêmes. Mon objectif est donc de me dépasser mentalement pour aller chercher les podiums.
Pour atteindre ce niveau mondial, comment as-tu construit ta préparation cette saison ? Quels sont les aspects sur lesquels tu as le plus travaillé : physique, technique, matériel, mental ?
J’ai beaucoup travaillé sur le mental après ma blessure de l’année dernière. Ça m’a un peu remis les idées en place. J’ai appris à davantage apprécier la compétition, sans toujours me mettre une pression énorme pour absolument réussir. Je pense que ça a été un vrai déclic. Ensuite, il y a tout simplement le temps passé sur l’eau. Je suis parti de Guadeloupe en février et je ne suis toujours pas rentré. Je vis complètement la saison.
Le mental joue un rôle énorme dans les compétitions de haut niveau. Comment gères-tu la pression avant un heat important et les moments où il faut aller chercher la performance maximale ?
L’expérience m’aide beaucoup. J’essaie de me rappeler ce que je sais faire de mieux et de le reproduire au bon moment. Aujourd’hui, j’ai surtout envie de faire ce que j’ai envie de faire sur l’eau, plutôt que ce que les autres attendent de moi. Ça me permet d’être plus naturel et de naviguer avec beaucoup plus de confiance.
Avec la 4ᵉ place mondiale à mi-saison, quels sont tes objectifs pour la deuxième partie de l’année ? Est-ce que le podium mondial est un objectif clairement affiché ?
Avant les Canaries, j’étais deuxième mondial, aujourd’hui je suis quatrième. Quand on est dans le Top 5, on vise le titre. Ça fait déjà plusieurs saisons que je tourne autour du Top 5, donc j’essaie toujours de franchir une marche de plus. Bien sûr, un titre mondial serait incroyable, mais une deuxième place serait déjà une très belle récompense. Les objectifs restent les mêmes : aller chercher le meilleur résultat possible.
Comment te sens-tu avant d’aller à Ténérife ?
Ténérife est une étape importante de la mi-saison. L’année dernière, j’avais terminé cinquième, tout près de la finale. J’ai envie de faire aussi bien, voire mieux. Je sais aussi que c’est un spot où les conditions peuvent complètement changer d’une journée à l’autre, donc il faudra s’adapter. L’objectif est de rester dans le Top 5 le plus longtemps possible avant de retrouver des étapes qui correspondent davantage à mes qualités.







