Il aura fallu attendre le dernier jour de compétition pour connaître le nom du nouveau champion du monde de Slalom X. Au terme d’une semaine d’une intensité rare, Matteo Iachino a finalement pris le dessus sur son grand rival Pierre Mortefon pour décrocher un titre mondial aussi prestigieux que disputé. Quelques jours après ce succès, l’Italien revient avec lucidité sur les moments forts de cette épreuve, les doutes qu’il a dû surmonter et ce qui continue, après plus de vingt-cinq ans de passion, à le pousser chaque jour à retourner sur l’eau.
Salut Matteo, tu viens d’être sacré champion du monde de Slalom X. Quelques jours après cet exploit, quelles sont les premières émotions que tu ressens ? As-tu déjà réalisé ce que représente vraiment ce titre ?
J’ai enfin eu un peu de temps pour réaliser ce que j’ai accompli. Je suis vraiment heureux, d’autant plus que je pense que c’était probablement la meilleure compétition de slalom à laquelle j’ai participé depuis le début de ma carrière. Remporter un titre dans ces conditions, c’est tout simplement incroyable.
Cette saison a été une véritable bataille, notamment avec Pierre Mortefon qui t’a poussé jusqu’au bout. Comment as-tu vécu ce duel permanent avec lui dans la course au titre mondial ?
Se battre avec Pierre n’a rien de nouveau. Cela fait de nombreuses années que nous nous affrontons. Je pense que cette rivalité nous pousse tous les deux à donner le meilleur de nous-mêmes. Elle nous oblige à repousser nos limites. Honnêtement, une victoire n’aurait pas la même saveur sans un tel combat.

Avant d’arriver à cette victoire, il y a forcément eu des moments de doute et de remise en question. Quels ont été les passages les plus difficiles de ta saison et comment les as-tu surmontés ?
Je me sentais incroyablement en confiance avec mon matériel, et cela m’a énormément aidé. Mais, pour la première fois de ma carrière, j’avais construit une avance confortable sur mes adversaires deux jours avant la fin de la compétition. J’ai alors décidé de jouer la sécurité et de faire uniquement ce qu’il fallait pour gagner : il me suffisait d’une sixième place ou mieux lors des trois dernières éliminations. C’est précisément à ce moment-là que les sorties prématurées, les chutes et les erreurs ont commencé. Au niveau d’une Coupe du Monde PWA, on ne peut tout simplement pas se permettre de lever le pied.
On connaît ton professionnalisme et ton approche très méthodique de la compétition. Comment as-tu préparé cette saison de Slalom X, aussi bien physiquement que techniquement et mentalement ?
Je ne me sens en confiance que lorsque je sais que je n’aurais rien pu faire de plus, que ce soit sur l’eau ou en dehors. J’essaie de me préparer, tout comme de préparer mon matériel, de manière à ne plus avoir la moindre interrogation pendant les compétitions. Cela passe par la salle de sport, les séances de tests, les entraînements et le travail sur toutes les situations possibles liées au Slalom X.

Le Slalom X demande un engagement total : vitesse, choix tactiques, gestion du matériel et capacité à rester lucide dans des conditions parfois extrêmes. Quel a été, selon toi, le facteur qui t’a permis de faire la différence cette année ?
Je pense que j’avais une très bonne vitesse. En général, je suis un compétiteur régulier et je suis capable d’obtenir de bons résultats même sans être le plus rapide. Cette année, en plus de cette régularité, j’avais aussi une excellente vitesse, et cela a fait une énorme différence.
Avec ce nouveau titre mondial, quel regard portes-tu sur ton évolution de compétiteur ? Qu’est-ce qui a changé entre le Matteo Iachino qui se battait pour son premier titre et celui qui devient aujourd’hui champion du monde de Slalom X ?
C’est une question amusante, parce que je me posais justement la même. D’une certaine manière, je crois que rien n’a vraiment changé. La soif de victoire et le plaisir que l’on ressent lorsqu’on gagne sont toujours aussi forts. En revanche, je me connais beaucoup mieux aujourd’hui. Je sais comment je réagis dans les très bons comme dans les très mauvais moments. Il y a dix ans, j’étais encore en train de découvrir tout cela.
Maintenant que ce titre est acquis, quels sont tes prochains défis ? Cette victoire change-t-elle quelque chose dans tes ambitions pour la suite de ta carrière ?
Absolument pas. Gagner est une véritable addiction et je pense déjà à la prochaine victoire. Je vais d’abord profiter d’un peu de repos en participant à l’épreuve de vagues à la maison, à Tenerife. C’est génial parce que j’y vais sans aucune attente, ce qui rend l’expérience très amusante et relaxante. Ensuite, je reprendrai progressivement le foil afin de préparer la deuxième partie de la saison de course.
Derrière chaque champion du monde, il y a avant tout un passionné de planche à voile. Après une telle saison, qu’est-ce qui te donne encore envie de retourner à l’eau et de continuer à repousser tes limites ?
J’adore gagner, comme je l’ai déjà dit, mais par-dessus tout, j’aime profondément la planche à voile. C’est toute ma vie et ma passion depuis maintenant 25 ans. J’ai énormément de chance de pouvoir aller sur l’eau tous les jours et d’appeler cela mon métier. Bien sûr, cela représente beaucoup de travail, mais les heures que je passe sur l’eau ne sont jamais ennuyeuses. C’est tout simplement pour cela que je vis.
📸 John Carte / PWA




















