Secrets de Pros : Bien se préparer au froid (Partie 1)

A partir de demain, il sera possible pour une bonne partie d’entre nous de retourner à l’eau et de profiter des conditions que l’hiver nous offre. Ses sessions sont souvent très intenses, mentalement et physiquement. La pluie, le temps plus sombre et les températures hostiles rendent les conditions extrêmes avec des vagues et des vents plus généreux, plus fréquents et des contrastes de lumière incroyables. Le nombre de pratiquants sur le spot diminue avec le froid, ce qui a pour effet de resserrer les liens et créer une ambiance particulière, parfois plus chaleureuse même qu’en été. Au-delà du simple plaisir, la navigation hivernale est un challenge que l’on s’impose à soi-même. Et finalement, on ne se sent jamais aussi bien dans le corps et l’esprit qu’après ce type de session. Plus fort, plus vivant que jamais. C’est déjà pas mal non?

 

Tout le monde, quel que soit le niveau de pratique ou l’âge, peut s’éclater dans le froid. Il faut juste respecter quelques petites règles incontournables. Comment bien se préparer, maîtriser les règles de sécurité, gérer la session dans le froid et bien s’équiper? Nous allons vous proposer dans les semaines à venir des dizaines de conseils pratiques et vous faire partager l’expérience du froid de plusieurs passionnés. Toujours dans la démarche de (re)partager avec vous certaines de nos archives, toutes ces astuces, tous ces conseils proviennent d’article déjà publiés dans Planchemag.

CHOISIR LES BONNES CONDITIONS

La météo et la marée

Il faut impérativement s’informer sur les conditions météo avant de partir, l’évolution de la force et direction du vent, des températures et horaires de marée, notamment en Manche et en Atlantique. Le vent peut forcir rapidement en Tram, Mistral ou dépression, il peut tourner et devenir moins sécurisant ou inadapté au spot. Il faut privilégier les heures les plus chaudes de la journée et connaître l’heure de la tombée de la nuit pour garder de la marge en cas de problème. Ajuster la session avec l’heure des marées permet de moins porter son matos, d’avoir une mise à l’eau plus facile (moins de shore break, moins déventé) et des conditions plus sympa (meilleures vagues, moins de courant, moins clapoteux, etc.).

 

Choix du spot

Une fois les éléments précédents intégrés, on peut choisir le spot le plus adapté en privilégiant la sécurité, car il s’agit de ne pas se rater dans le froid. Il faut privilégier des spots où l’on peut dériver en cas de pépin et revenir à la côte assez facilement, de manière auto- nome. Par vent de terre, il faut impérativement choisir un spot fréquenté par d’autres riders.

CHECK MATOS

Coup d’œil sur les pièces d’usure

Les bouts sur le wishbone et pied de mât Faites le tour de tous les bouts du wishbone, de la tête à l’arrière : attention à l’usure au contact des taquets coinceurs. Concernant les bouts de harnais, il est difficile de contrôler l’état du bout sous la gaine plastique et le risque de casse en navigation n’est pas anodin : remplacez-les régulièrement.

 

Le tendon de pied de mât

Pièce maîtresse s’il en est, le tendon rompt sans prévenir en navigation. Assurez-vous de son état en le tordant dans tous les sens avant la session pour déceler une amorce de coupure, y compris sur la partie haute et basse. S’il est vieux, ne prenez pas de risque, changez-le, votre sécurité est renforcée pour une dizaine d’euros. S’il est entouré de petits bouts latéraux, vérifiez leur état, ils assureront la liaison gréement-flotteur en cas de casse.

 

La barre et le crochet de harnais.

Il arrive que les crochets de harnais corrodés cassent subitement en nav : c’est alors une sacrée galère de revenir à la plage à la force des bras !

 

Les bons assemblages

Vérifiez plutôt deux fois qu’une que :

  • le haut du mât est bien assemblé avec la voile et surtout que le mât deux parties est bien emboîté.
  • le pied de mât est convenablement serré sur la planche et que le gréement est parfaitement fixé au pied de mât. Tout bête, mais il arrive régulièrement que tout lâche!
  • l’aileron est bien fixé à la planche et qu’il n’a pas d’amorce de rupture au ras du pont.
  • les footstraps ne tournent pas.

 

Quelques solutions de dépannage

Avant de partir, cela peut valoir le coup de passer un petit bout dans l’anneau de remorquage de votre boîtier de pied de mât pour prévenir un éventuel remorquage. C’est plus pratique une fois en mer dans la galère. Un petit bout de harnais à fixation rapide (velcro) supplémentaire situé sur l’extrémité avant du wishbone peut dépanner en cas de casse.

Un miroir de poche et une fusée de détresse fixés au harnais ou arrière du wishbone.

Le top, un vieux téléphone pas trop gros dans lequel vous mettez votre carte SIM, le tout dans une pochette étanche dans la combi.

Si votre portable est plus récent, placez-le en mode “localisation” pour être repéré par un tiers qui connaît vos identifiants.

 

Les règles en cas de galère

N’abandonnez jamais votre flotteur pour revenir à la nage. Abandonnez le gréement si vous vous sentez capable de rejoindre un point proche à la rame sur la planche : enlevez alors la boucle de harnais.

Le gréement fait office d’ancre flottante, on dérive ainsi moins vite pour être plus facilement repéré par les copains ou secours.

Pour lancer un signal de détresse aux autres, on s’assied sur son flotteur et l’on monte et descend les bras tendus sur les côtés.

LES BONS VÊTEMENTS

Pour choisir la bonne combinaison, il faut se rendre dans un surf shop auprès de professionnels qui proposeront les modèles les mieux adaptés à votre morphologie, vos goûts, vos pratiques et bien sûr votre budget. Les coupes varient d’une marque et parfois d’un modèle à l’autre et ce n’est pas celle qui vous séduira le plus à l’œil qui sera le meilleur choix. Écoutez bien les conseils du vendeur.

Entre les combinaisons à 100/150 € et les modèles très haut de gamme à 500 €, il existe des dizaines de variables différentes en termes de néoprène (souplesse, chaleur, jersey, Finemesh), de types d’assemblages (tape, joints), de tissus intérieurs (polaires), de fermetures (dorsal, ventral, sans zip).

On trouve de très bonnes combinaisons hiver à partir de 200/250 € en 5/3 mm voire 4/3 mm pour les moins frileux et ceux qui recherchent la souplesse ultime en vagues. Les plus frileux trouveront également de la 6/4 mm.

En complément du wetsuit, les bottillons hauts, la cagoule/bonnet et les gants ouverts sont les autres accessoires néoprènes à considérer.

 

 

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