WWT : Wissant change de dimension

La Wissant Wave Classic a changé de dimension cette année. Après deux éditions classées 3 étoiles en 2024 et 2025, l’épreuve nordiste accueille, du 12 au 20 septembre, une étape 4 étoiles du World Windsurf Tour/PWA. Une première dans le nord de la France et l’unique escale française du circuit mondial de vagues cette saison. Il fallait remonter à 2015 et à l’étape de Crozon-Morgat pour retrouver une Coupe du monde PWA de vagues dans l’Hexagone.

58 riders et quatre catégories

Le plateau réunit 58 compétiteurs : 37 hommes, 11 femmes, 13 juniors et 8 masters, plusieurs riders étant engagés dans deux catégories. Du beau monde, avec les deux leaders actuels du Tour 2026, Marc Paré Rico et Philip Köster, mais aussi Antoine « Titoune » Martin (5e), Morgan Noireaux (6e) et les deux figures locales Arthur Arutkin (8e) et Jules Denel (15e). Chez les femmes, Marine Hunter (3e), Sol Degrieck (4e), Lisa Wermeister (7e) et Alice Arutkin, lauréate à Wissant l’an passé, sont également de la partie. Sans oublier les meilleurs locaux, prêts à bousculer la hiérarchie.

Au programme, quatre catégories : pros hommes, pros femmes, juniors de moins de 18 ans et masters de 45 ans et plus. L’épreuve mondiale est également couplée au Championnat de France FFVoile de windsurf de vagues. Les 10 000 dollars de prize money du WWT/PWA sont répartis à parité entre les femmes et les hommes. Une dotation supplémentaire de 5 000 euros est prévue pour le Championnat de France.

Un jeudi à haut débit

Cette sixième journée officielle a enfin permis d’enchaîner des dizaines de heats dans toutes les catégories, au fil d’un après-midi particulièrement changeant.

Entre les grains, le vent a oscillé de 20 à 25 nœuds. Avec la marée qui transformait sans cesse le spot, les concurrents ont dû adapter leur matériel. Encore modestes en début de session, entre 60 et 80 centimètres, les vagues ont progressivement grossi pour atteindre environ 1,50 m au plus fort de la marée montante.

Mais le vrai piège venait du courant. De plus en plus puissant à mesure que la mer montait, il emportait rapidement les riders sous le vent, hors de la zone de compétition, comme sur un tapis roulant. Il fallait sans cesse regagner du terrain au vent pour rester dans le match.

Chez les hommes, les surfaces tournaient principalement entre 4,5 et 5 m², 4,2 à 4,7 m² pour les femmes.

Javier Escribano Toribio s’impose chez les juniors

La journée a surtout permis de boucler le tableau junior. Très à l’aise dans ces conditions techniques, l’Espagnol Javier Escribano Toribio, champion du monde U18, a largement dominé la finale devant la jeune Belge Sol Degrieck, 16 ans, l’un des grands espoirs du windsurf féminin en vagues. Les Français Julien Debat et Thibault Moritz prennent les 3e et 4e places.

Sol Degrieck avait pourtant frappé très fort dès le premier tour avec 17,38 points, le meilleur total de toute la compétition junior. Victorieuse de sa demi-finale, elle s’est ensuite inclinée face à Javier Escribano Toribio dans l’ultime heat.

Classement juniors :

  1. Javier Escribano Toribio – 13,75 points
  2. Sol Degrieck – 10,03 points
  3. Julien Debat – 7,85 points
  4. Thibault Moritz – 7,12 points

Michael Viscovich domine les masters

Le tableau masters a lui aussi livré du spectacle. Vainqueur de son premier heat puis de sa demi-finale, le Danois Michael Viscovich a récidivé en finale. Il devance les locaux Sylvain Bourlard et Yann Sune. Stéphane Queniart termine 4e. Seulement 1,51 point sépare les trois Français : la finale s’est jouée sur un fil.

Classement masters :

  1. Michael Viscovich – 14,37 points
  2. Sylvain Bourlard – 11,88 points
  3. Yann Sune – 11,35 points
  4. Stéphane Queniart – 10,37 points

Les champions du monde font le show

Chez les pros, une quinzaine de heats ont fait avancer le tableau masculin. Sans surprise, Marc Paré Rico et Philip Köster ont immédiatement imposé leur puissance. Explosifs dans les sauts comme dans les surfs, le champion du monde espagnol et le quintuple champion du monde allemand ont évolué un cran au-dessus, à coups de double forwards et de high back loops.

Antoine « Titoune » Martin et Morgan Noireaux restent eux aussi aux avant-postes, tout comme Arthur Arutkin, tenant du titre à Wissant. Jules Denel, qui n’a pas navigué jeudi, est déjà qualifié directement pour les quarts de finale grâce à son excellent premier tour.

Derrière les grands noms, les waveriders locaux, les Sudistes et les Bretons sont nombreux à vouloir bousculer la hiérarchie et créer la surprise. Parmi ceux qui se sont illustrés lors des premiers heats : Bastien Ramery, Kilian Couedic, Nicolas Akgazciyan, Thomas Van Batten ou Romain Cordier.

Chez les femmes, Alice Arutkin, Lisa Wermeister et Sol Degrieck ont remporté leur heat du premier tour. Alice Arutkin et Sol Degrieck se sont particulièrement distinguées au surf, par leur fluidité et leur lecture des vagues.

Le Championnat de France ce vendredi ?

Ce vendredi, le vent devrait se montrer plus régulier, avec des vagues attendues autour d’un mètre. Le faible coefficient de marée, proche de 40, pourrait permettre de lancer le Championnat de France au renforcement du vent, une nouvelle fois sur la marée montante. Un briefing est prévu à 11 heures. On sait d’ores et déjà que les étrangers auront quartier libre pour la journée. Ce qui laisse de l’espoir aux coureurs français, désormais en stand by.

Environ 25 Français sont concernés. Il faudra juste le temps necessaire et les conditions pour aller au bout du tableau et attribuer les deux titres nationaux.

Le gros morceau est toutefois attendu samedi, annoncé comme la meilleure journée de la semaine pour un final explosif. À ne pas rater si vous habitez dans le coin.

Une Coupe du monde les pieds dans le sable

Au-delà des résultats, la Wissant Wave Classic affirme son identité. Après six jours sur place, les riders ont eu le temps d’échanger et de se rencontrer. Repas partagés, animations, concerts, initiations et soirées prolongent les journées de compétition.

Cette convivialité est au cœur du projet des organisateurs. Même lorsque le vent tarde à se lever, le village reste vivant et le public côtoie les meilleurs mondiaux à quelques mètres de la plage. Du très haut niveau, sans barrières : l’esprit Wissant.

Un travail d’équipe bien rodé, emmené par Sylvain Bourlard, event manager, avec un live vidéo produit par Stef Vidéo Production et des commentaires en direct en français et en anglais.

Les dernières journées s’annoncent décisives. Avec des prévisions plus solides pour samedi et quelques-uns des meilleurs waveriders de la planète venus prendre des points, le spot des Deux Caps pourrait bien garder le meilleur pour la fin.

Les résultats des heats :

https://worldwindsurftour.com/events/wissant-wave-classic-france?tab=bracket

Suivre la course en direct :

https://wissantwaveclassic.com/#live

Les photos d’Olivier Caenen 👇


Les photos de Nicolas Peltier 👇

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