Jenna Gibson et Matteo Iachino prennent les commandes

Grand Chelem PWA de Fuerteventura
La première journée de Slalom X à Fuerteventura a sérieusement bousculé les meilleurs Slalomeurs du monde : des vents violents combinés à une houle et un clapot hachés ont semé le chaos sur le parcours. Un baptême du feu qui a fait des victimes, en particulier sur les deux jibes du large. La plupart étant plus dans la survie que dans la glisse, avec une prime à l’engagement et à la technique pour terminer en tête. Un enfer pour les riders, mais un spectacle riche en rebondissements pour ceux assis derrière leur écran à suivre la course depuis le drone.

Au jeu du « saute-mouton » en Slalom, les deux grands vainqueurs de cette première journée ont été Jenna Gibson et Matteo Iachino.

Femmes : Gibson impériale, Lemeteyer en embuscade

L’Anglaise Jenna Gibson, qui avait manqué de peu le podium ici l’année dernière, a rapidement enchaîné un triplé sans faute sur les trois premières courses de la journée pour prendre le contrôle de la compétition. Gibson, détentrice du record du monde de vitesse, a mené ses courses avec beaucoup de sagesse : elle a pris des départs en douceur, en milieu de peloton, pour doubler toutes ses concurrentes facilement sur le premier bord et arriver en tête à la première bouée, tout en levant le pied dans les jibes, avant de distancer à nouveau le reste de la flotte en vitesse pure sur chaque bord. Gibson a totalement dominé cette première journée, à l’instar d’un Björn ou d’un Antoine à la grande époque. À une petite erreur près : alors qu’elle menait la quatrième course, la jeune femme de 28 ans a chuté à la deuxième bouée, terminant sixième et clôturant la journée avec une légère ombre au tableau. Elle a été particulièrement impressionnante dans ce chantier redoutable sur l’eau lors de cette première journée et a marqué les esprits de ses adversaires.

La championne du monde en titre, Justine Lemeteyer, est la plus proche rivale de Gibson, avec un retard de 6,7 points à l’issue de la journée, en raison d’une performance en dents de scie. La tête de série n°1 semblait un peu en dessous de son niveau en début de journée, enregistrant une troisième, une cinquième et une septième place, avant de se relancer dans la course en décrochant sa première victoire de la compétition lors de la dernière course de la journée. Elle va désormais chercher à profiter de cet élan pour poursuivre sur sa lancée.

De leur côté, Femke van der Veen et Mae Davico sont actuellement à égalité à la troisième place avec 9 points chacune, à seulement 0,3 point derrière Lemeteyer, dans la course pour un podium encore loin, très loin.

Belle performance également de la jeune Bobbi-Lynn De Jong, qui n’est qu’à un point derrière après avoir signé son meilleur résultat à ce jour avec une encourageante deuxième place dans la course 4. Marion Mortefon occupe actuellement la sixième place avec douze points ; elle a encore tout le temps et le potentiel pour une belle remontada.

Pour cela, ce sont celles qui feront le moins de chutes aux jibes qui l’emporteront.

Hommes : Iachino frappe fort, Mortefon répond présent

Matteo Iachino a lancé un avertissement fort à ses rivaux en enchaînant deux victoires consécutives, une première depuis la Nouvelle-Calédonie en 2019. À 36 ans, l’Italien, fort de son expérience, semble serein avec son nouveau « moteur Neil Pryde », et les quatre prochains jours vont être décisifs pour celui qui vise un quatrième titre mondial.

Il devra pour cela battre le champion du monde en titre, Pierre Mortefon, qui le talonne sur les deux courses. Pierre passe de la quatrième à la deuxième place sur le dernier jibe de la deuxième course pour rester au contact de l’Italien. Le bras de fer s’annonce chaud entre les deux champions pour les quatre prochains jours, où chaque point va compter.

Sachant que, derrière, ça pousse très fort, avec Taty Frans qui complète le trio de tête, tandis que Nico Prien et Jordy Vonk se trouvent quelques points plus loin. Nico Prien menait la finale n°1 avant de jiber trop large sur la dernière bouée. Ça a été la même chose pour Cédric Bordes, très rapide et engagé, second de la finale n°2 avant de commettre la petite faute à un bord de l’arrivée. Tout se joue à très peu de chose, et l’état de forme — notamment les cuisses — va peser lourd dans la balance à Sotavento.

Les prévisions pour jeudi s’annoncent tout aussi prometteuses que celles d’hier, ce qui laisse présager des courses encore plus extrêmes.

Source : PWA