Compétition : AFF BRET’S Funboard Tour 2020 Marignane 9-11 octobre

Cette  2ème étape du Championnat de France AFF Slalom a offert comme la première à Dunkerque en août dernier des conditions musclées avec un plan d’eau du Jaï en ébullition et un Mistral déchaîné avec des rafales jusqu’à 50 nœuds

18 femmes et 64 hommes ont répondu à l’invitation du Club Nautique Marignanais, dont une quinzaine de pros/semi pros habitués au circuit PWA ravis de retrouver l’ambiance de la course après une année blanche.

 

Avec sur l’eau un niveau très hétérogène entre les champions du monde PWA en titre et les plus jeunes qui participaient pour la première fois à une compète de cette envergure.

Les courses se déroulent sur un parcours downwind avec 4 jibes à faire.

Les 64 hommes sont répartis en 8 heats de 8 courreurs au premier tour, puis en heat de 10 en quart /demi et finales. Il faut passer 3 tours pour rejoindre la finale gagnant et 18 heats sont courus au total pour valider une course complète. Autant dire qu’il faut que ça turbine côté orga !

Les femmes sont réparties en deux heats de 9 au premier tour et les 5 premières sont qualifiées directement pour la finale gagnante. 4 heats en tout pour valider une course

Samedi  10 : Le Mistral se réveille

Après un vendredi passé à bronzer, une première course complète a pu être validée chez les garçons et les filles dans un Mistral naissant et donc extrêmement irrégulier en force.  Ce qui a rendu la journée très compliquée pour le comité de course qui doit adapter en permanence la course aux humeurs d’un Mistral capricieux. Côtés coureurs, c’est encore pire. Quelle planche, quelle surface de voile choisir lorsque le vent oscille entre 15 et 30 nœuds ? 8,6 ? 7.8 ? 7,0 ? 6.3 m²…Ce n’est pas la même chose ! On a beau être champion du monde, c’est la même roulette russe pour toutes et tous. Filles et garçons multiplient les retours à terre pour changer de voile, puis partir, puis revenir finalement. En croisant les doigts pour que le vent ne change pas trop le temps de rejoindre la ligne de départ située loin au vent. Même les meilleurs se font avoir, puisque des têtes de série comme Tristan Algret (vainqueur de la 1ère étape à Dunkerque), Pascal Toselli (le local) ou Damien Arnoux (qui connaît également la musique) ne se qualifient pas pour la finale gagnant.

Stressant, rageant pour les pros qui jouent gros sur le coup et pas glop pour tous ceux qui se retrouvent en 6.3 m² dans 15 nœuds ou 8.6 m² dans 25 nœuds. C’est le jeu de la course !

Dans cette cacophonie ambiante deux jeunes, Jimmy Thiémé chez les boys et Maëlle Guilbaud chez les girls en profitent pour remporter la finale gagnante, et quelle finale puisqu’ils battent les champions du monde. Une marche de plus franchit pour ces deux jeunes espoirs du slalom. Mérité et encourageant pour la suite.

 

Dimanche 10 : Le Mistral se fâche

Dimanche matin, 8h36, 12°C, l’anémomètre de Wind’up annonce une rafale à 44 nœuds maxi sur le plan d’eau avec un vent moyen autour de 33 nœuds…Les premiers coureurs préparent le matos en plein vent, se demandant à quelle sauce ils vont se faire manger aujourd’hui. La bonne nouvelle, c’est qu’il faut gréer uniquement les petites surfaces de voiles et sortir la plus petite planche. La journée va être longue, très longue. Épuisante, très épuisante… Il va falloir gérer le refroidissement entre les manches… Le premier briefing est à 9h, le CNM et l’équipe de l’AFF sont bien décidés à faire vivre aux riders et public  une journée qui restera dans les mémoires.

Deux heures de course à la limite du supportable

A 10h30, les premiers heats sont lancés et très vite les coureurs grimacent et se font chahuter, exploser même avec des rafales à plus de 40 nœuds dans un véritable chantier. On serait à Gruissan, ça passerait sans soucis, mais là, les claques, le clapot infâme et surtout les 4 jibes à négocier multiplient les pièges, les « croches pattes » sur le parcours. Il faut savoir que dans ces conditions si fortes au Jaï, entre 45 et 50 nœuds, les locaux comme Pascal Toselli, Benjamin Augé ou Cédric Bordes ne naviguent pas en Slalom d’ordinaire.  D’ailleurs Pascal Toselli  le local de l’épreuve qui n’a que 5.6 m² en plus petit dans son quiver PWA (parce qu’il n’a pas besoin de plus petit d’habitude) nous disait : « c’est la première fois sur une course de slalom que je cours avec une voile de 4,2 m². C’était super avec le vent dans la zone de départ en finale qui avoisinait les 50 nœuds.  En finale, j’étais content d’arrivée en tête à la première bouée, à la limite de me décrocher du harnais mais je tombe au premier jibe. En ligne droite, ça allait, mais dans les jibes la voile de vague est tellement légère par rapport à une voile de course que c’était pour moi le plus difficile. C’était la guerre sur l’eau, cette journée restera un très bon souvenir pour moi ».

Alors que c’est très compliqué pour les meilleurs slalomeurs de la planète, c’est l’hécatombe pour les non pros, sur chaque heat jusqu’aux quarts de finales, ils y ont entre 20 et 30 % des coureurs à ne pas prendre le départ !

Le clou du spectacle se déroule sur la deuxième demi-finale, ou dans une risée, les coureurs tombent comme un jeu de quille à la première bouée.

 

Super bras de fer Guilbaud/Mortefon chez les filles

Chez les filles, sur la finale de la manche n°2, elles ne sont que 7 amazones sur 10 à prendre le départ, toutes en voiles de vague à l’exception de Marine Hunter. Marion Mortefon est en 3.7 m², elle fait toute la course en tête suivie comme son ombre par Maëlle Guilbaud, bien décidée à rééditer sa performance de la veille. Les filles naviguent propre avec de beaux jibes et passent en finesse. Maëlle met la pression à Marion qui ne craque pas et remporte ce superbe heat dans la tempête. Derrière, une fois n’est pas coutume Delphine Cousin, la championne du monde n’a pas les ressources cette fois. Elle a bossé tout l’été n’a ni le volume d’entrainement ni l’engagement pour venir se frotter aux deux copines survoltées.

Cette victoire permet à Marion de remporter l’étape devant une Maelle heureuse de son excellente deuxième place au général devant Delphine. Coup de chapeau également pour la jeune normande Justine Lemeteyer (U21) qui prend une superbe 4ème place derrière « les 3 intouchables ». C’est comme une sorte de victoire pleine d’espoir chez les « non pros ».

A peine le matos rangé, Marion a déjà la tête dans sa prochaine course, en foil cette fois au lac de garde dans quelques jours.

Cédric Bordes, vainqueur de cette étape

« Il y avait tempête, à la limite du navigable, des rafales à 55 nœuds peut-être, avec 40 nœuds moyen. Normalement je ne navigue qu’en 5.6 m² en plus petit au Jaï et ce matin je suis sorti avec une 5.2 m² :  J’étais perdu je n’arrivai pas à naviguer. J’ai galéré pour me régler et finalement trouvé des trucs intéressants. Au jibe, je n’arrivai pas à les faire au planing, tellement ça soufflait. Même à Fuerteventura il y a moins de vent que ça. Je n’ai jamais eu ces conditions en coupe du monde. C’est simple en finale, je crois que dans les 5 premiers, il y a 3 mecs en voiles de vague. Honnêtement ce matin, je ne pensais pas qu’ils allaient envoyer la course. Car c’était chaud. Le comité s’est fait éclater sur l’eau et a finalement préféré jouer la carte de la sécurité en stoppant la course. Une sage décision »

 

Jimmy Thiémé et Marion Mortefon leader du circuit Aff après deux étapes

Avec leur deuxième et troisième place à Marignane, Jimmy Thème et Benjamin Augé, deux noms célèbres dans le windsurf, pointent ce soir 1 er et 2ème du classement provisoire AFF 2020, à deux semaines de la dernière étape. Avec Nicolas Warembourg, Basile Jacquin et Tristan Algret en embuscade, rien n’est joué. La relève est en marche, bien décidée à prendre le pouvoir.

 

Chez les filles, avec deux victoires d’étape, « Super Marion » a pris une bonne option pour la victoire finale, devant Maëlle et Justine Lemeteyer. Delphine Cousin étant absente sur la première étape.

 

Une course qui restera dans l’histoire

Finalement, la journée qui s’annonçait très très longue n’aura duré que 2 heures sur l’eau.  A 13 heures, tout le monde est rentré à terre. 2 petites heures qui resteront à jamais gravées dans les mémoires des coureurs et de l’organisation. Personne ou presque parmi les 82 hommes et femmes n’avaient connu pareille situation de course en slalom.

Cela fait la deuxième fois en 2 mois sur ce championnat de France que le comité de course (Dunkerque et Marignane) décide de garder les coureurs à terre parce que le vent ou la houle sont trop fort pour assurer leur sécurité. Ce qui est plutôt rare. Un grand bravo au passage à l’organisation et bénévoles du CN Marignane et l’OGS Voile ainsi que toute l’équipe de l’AFF emmenée par la famille Bonno.

RDV dans deux semaines à Leucate pour la 3ème et dernière étape de l’AFF BRET’S Funboard Tour 2020. Au pays de la Tramontane cette fois. Du vent, encore du vent !

 

Classement  homme Marignane

https://www.aff.net/events/70/rankings?eId=34&eType=M

Classement  femmes  Marignane

https://www.aff.net/events/70/rankings?eId=34&eType=F

 

Classement général HOMMES après

Dunkerque et Marignane

https://www.aff.net/rankings/2020?rId=89

 

Classement général FEMMES après Dunkerque et Marignane

https://www.aff.net/rankings/2020?rId=90

 

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