Fabriqué en France : Rico Composites Works

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A l’heure où presque 90% du marché windsurf international est fabriqué en Asie (et nous en voyons aujourd’hui les conséquences), nous avons trouvé pertinent en 2020 de mettre en avant ce qu’il pouvait se passer du côté de chez nous.

En partant simplement de noms comme Bic, Select, Nautix, nous sommes vite arrivés au fait qu’en réalité, le marché du windsurf français peut compter sur une large panoplie d’artisans, tous passionnés et qui vivent pour la plupart du windsurf. Shapers, designers de voiles, de chaussons, d’ailerons ou de foils… : vous allez découvrir, à travers cette série d’articles, un annuaire complet de ce qui se fait de mieux sur notre territoire avec un développement et une production 100% français.

Mais pourquoi ce choix de produire en France ? À travers une multitude d’interviews, vous comprendrez leur motivation à vouloir être connu ou reconnu dans ce milieu qu’est le windsurf “Fabriqué en France”.

Pour continuer cette série « Fabriqué en France », nous partons du côté d’Auray à la rencontre du Shaper de la marque Rico Composites Works : Emeric Peraud

Rico Composites Works

Shapeur : Emeric Peraud (50 ans).

Expérience du shape : 30 ans soit environ 250 planches.

Création : 2013.

Localisation : Auray (56).

Production annuelle : 20-25 flotteurs.

Prix : 1850 € à 2290 €.

Délais : 2 à 3 mois.

Garantie : 18 mois.

www.rico-shape.com

 

Tes expériences dans le design et les composites ?

J’ai fait mon premier shape en 1985, à l’aide d’un tutoriel dans un catalogue “Matos”, dans ma chambre ! Plus tard, j’ai fabriqué des planches de série pour JPK puis des customs dans un atelier à Tarifa. J’ai bossé dans des teams de course au large sur des trimarans et monocoques 60’ puis dans l’aérospatiale chez EADS pour fabriquer des satellites avant de lancer mon atelier.

 

Ta particularité dans la construction/finition ?

J’utilise des matériaux peu communs comme le spheretex sur le pont en remplacement de la mousse PVC. Bien maîtrisé, c’est léger et très résistant, tout en apportant un peu de flex.

En finition, toutes les planches de vague ont des amortisseurs talons en EVA et les planches sont revernies intégralement pour protéger la déco.

 

Comment définis-tu tes shapes, en termes de sensations ?

Les planches sont raides en gardant un peu de flex grâce aux matériaux. J’essaie toujours de mixer performances et confort, avec beaucoup de contrôle et une plage d’utilisation élargie.

En vague, les shapes peuvent privilégier le grip sur le rail ou le pivot à plat mais les sensations sont toujours vives et précises.

 

Comment a évolué le métier de shapeur ces 10 dernières années ?

Il y a 10 ans, il n’y avait plus de shapers sur le marché. Aujourd’hui, le métier renaît, même si ça reste une niche. Côté technique, l’apport de la CAO a tout changé. Les gabarits en contreplaqué et les pieds dans la poussière de shape, c’est fini.

 

Et tes shapes ces 5 dernières années ?

Ils ont gagné en nervosité et précision et surtout ils sont mieux personnalisés. Les constructions ont pas mal évolué aussi pour gagner en légèreté sans perdre la fiabilité.

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