Interview : Franck David

Depuis son arrivée dans les années 75, la planche à voile a suscité des vocations, de l’enthousiasme, créé des mythes, des histoires incroyables, engendré aussi, parfois, des drames. Des hommes et des femmes ont marqué cette histoire, comme ils ont marqué celle du magazine que vous tenez entre vos mains. Petits retours en arrière en quelques figures emblématiques…

Nous continuons cette série de « Que sont-ils devenus? » par L’or olympique. Du funboard à l’olympisme en passant par la Dufour Wing, un multiple champion du monde engagé pour la planète:

Franck David

Comment as-tu débuté la planche?

J’ai commencé à 9 ans. Je suis né à Paris, mais mes parents se sont installés sur l’île d’Arz, dans le golfe du Morbihan, lorsque j’avais 7 ans. À l’époque, il y avait pas mal d’ouvriers des usines Bic, à Vannes, qui venaient naviguer à Arz et c’est comme ça que j’ai découvert ce sport. Mon père acheté sa première planche, j’ai essayé et accroché immédiatement. Et j’ai shapé ma première planche à l’âge de 13 ans, sous la houlette de “Jeannot”, le shaper de l’atelier Ellipse, en y consacrant sept mois, tous mes mercredis et samedis.

 

À quel moment as-tu commencé la compétition?

Assez tard en fait. J’ai fait beaucoup de funboard pour le plaisir. Juste quelques compétitions intercollèges à Vannes, en Dufour Wing. J’ai fait de bons résultats, ce qui m’a permis d’intégrer la section Sport-Etudes à Brest. On était très cadré question études, mais on passait surtout notre temps sur l’eau !

 

Quelles ont été victoires marquantes?

En 1988, je deviens champion de France Jeunes, puis champion du monde. J’ai rejoint l’équipe de France Espoirs et je suis parti à Marseille avec Michel Quintin, Hervé Piégelin,

Thomas Ruelland. Michel était au top, leader de l’équipe, qui nous tirait vers le haut. Pour moi, la transition junior/senior a été assez délicate, mais dès 1990, ça a bien marché. Aux championnats du monde juniors, je suis 41e en 1989, 11e en 1990, 3e en 1990 et je gagne en 1992. J’étais sur une courbe ascendante…

 

1992, c’est aussi l’année desJeux de Barcelone?…

… Que nous avons courus en Lechner, une évolution de celle utilisée en 1988, avec notamment une voile de 7,30 m2, des footstraps… Ça a été la Division II la plus évoluée avant le pas- sage à la Mistral.

 

Et après les Jeux de Barcelone, tu as continué?

En parallèle, je menais mes études, notamment un DEUG en STAPS puis le Bataillon de Joinville et une année “OFF” alors que j’étais inscrit en Économie et Gestion à Paris-Dauphine en licence et maîtrise, que je devais passer en quatre ans. Concrètement, j’ai pris les deux premières années pour faire de la planche, j’ai gagné les Jeux de Barcelone et je suis revenu à Paris pour valider ma licence/maîtrise.

 

Tu as arrêté la planche?

Pendant deux ans. Puis j’ai repris fin 1994 pour tenter la sélection pour les Jeux d’Atlanta, en 1996. Je pensais retrouver rapidement l’élite, mais en fait, quand tu lâches prise pendant deux ans, c’est compliqué de revenir au niveau physique et mental, et j’échoue à la troisième place de la sélection.

Ta reconversion est arrivée à ce moment-là ?

Oui, notamment parce que j’ai eu des opportunités de travailler pour la fédération en communication et marketing. Cela fait maintenant plus de vingt ans que j’ai créé une société dans l’événementiel et le marketing. J’ai travaillé sur différents événements sportifs, que ce soit dans le kitesurf, la voile, les multicoques de course… Et depuis huit ans, je suis engagé avec une fondation qui s’appelle Race For Water (www.raceforwater.org) dont l’objectif est la lutte contre la pollution plastique des océans, à travers trois programmes liés à la science, à l’éducation et à des actions sur le terrain. Nous sommes actuellement en train de vivre une Race For Water Odyssée de cinq années (2017-2021) autour du monde en trente-cinq escales, le bateau est aujourd’hui entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu. Le retour à Lorient est prévu en octobre 2021 après, notamment, une escale aux JO de Tokyo où nous suivrons les épreuves de voile en août 2020.

 

As-tu encore le temps d’aller à l’eau pour le plaisir?

Je navigue régulièrement en fun à l’île d’Arz avec les copains. On fait du slalom, du kite, du Stand Up Paddle…

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