Secrets de Pros : Thomas Traversa

Sept waverideurs pros classés dans le top 20 mondial nous ont confié leurs préférences, quant au choix du matériel et des réglages. Astuces, conseils, bonnes idées : de quoi s’éclater dans les vagues, quels que soient son style et son gabarit.

 

Thomas Traversa

1,78m / 64Kg / Tabou & Gaastra

 

QUIVER

Je navigue en custom : 63 litres x 53,5 cm, 68 et 72 litres x 54,5 cm (même carène et outline, avec plus d’épaisseur seulement). De 3,3 à 4,2 m2 je choisis la 63 litres dans le vent fort et les petites vagues, car sa carène plus tendue est top lorsque les vagues ne poussent pas très fort. Ensuite, je navigue en 4/4,2 avec la 68 litres – c’est la planche que j’utilise à Maui, même en 4,5 m2. Enfin, en on shore ou lorsque je pars en trip, je suis en 4,5 m2 avec la 72 litres.

Côté voiles, je ne navigue qu’avec l’IQ : elle est un peu plus physique, mais elle accélère davantage dans les petites surfaces, avec une puissance plus instantanée que la Manic.

 

RÉGLAGES FLOTTEURS

En ailerons (thruster), j’opte pour 10 cm devant et 14 cm derrière, parfois 15 cm lorsque c’est light, qu’il y a du courant ou que les vagues sont grosses. Ça me permet d’avoir plus d’appui.

Je préfère des modèles plus couchés, avec un profil étroit, qui donne un aileron rapide dès que la vague va vite. Le fait qu’ils soient couchés permet d’utiliser des ailerons peu profonds avec de la portance. Mais il faut se méfier des ailerons trop raides. Même si la sensation est assez cool au début du fait que la planche accélère, on peut noter des petites nuances dans les appuis : il faut davantage engager en début de bottom et ça aura tendance à accrocher et à décrocher brutalement. Choisir des ailerons souples aide à mieux doser les turns, à appuyer un peu plus ou un peu moins à tout moment : la transition entre l’accrochage et le décrochage est plus douce, ce qui permet d’affiner la navigation.

Avec des footstraps très écartés, on peut jouer sur les appuis avant et arrière. L’appui avant facilite la fermeture de courbes en fin de bottom avec du poids sur l’avant dans les turns pour ne pas tourner à plat, bien engager le rail sur l’avant de la planche. Ça va aussi faire partir l’arrière pour tourner à plus de 180° en haut de vague. Si je ne dérape pas en haut de vague, ma gerbe, comparée à celle d’un gros gabarit, sera trois fois moins grosse. Je dois donc gagner en rapidité de mouvement pour compenser. Dans les vagues creuses ou avec de petites vagues, opter pour un footstrap arrière reculé permet de casser la courbe et de remonter à la verticale.

 

RÉGLAGES VOILES

Je navigue en latte courte sur ma 4,5 m2 dans les vents légers. Comme la voile est plus plate quand elle n’est pas gonflée, elle est plus confortable, moins physique. La puissance se neutralise plus vite et plus facilement dans le top turn. C’est un vrai avantage en waveriding pur. Contrairement à ce que je faisais il y a deux ans, je mets un peu plus de tension au pied de mât pour moins me fatiguer, avoir moins de main arrière. Je fais en sorte de faire toujours un peu ouvrir entre les deux lattes du haut dans les vents légers. Il ne faut pas que ce soit plat. Dans le vent plus fort, la chute doit ouvrir légèrement entre la deuxième et la troisième latte.

Je laisse toujours un peu de marge dans la tension au wishbone pour que la voile touche le wishbone lorsque j’appuie sur la zone arrière. Je n’aime pas les voiles plates, car j’utilise souvent de petites surfaces. Je préfère une voile plus petite avec un peu plus de main arrière. C’est l’opposé de ce que je faisais il y a dix ans : à l’époque, je naviguais avec moins de tension au pied de mât (chute plus tendue) et plus de tension au wishbone (voile plus plate). Mais aujourd’hui, j’ai plus d’accélération.

Je n’aime pas avoir de grosses voiles quand c’est léger et de trop petites voiles quand c’est fort : ça guidonne trop et comme j’ai des planches kickées qui tournent fort, je peux me permettre d’avoir un peu plus de toile.

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