PWA Marignane : Un lundi de Pâques providentiel

C’est aux forceps que le CN Marignanais a accouché de sa première étape de Coupe du monde de slalom PWA. Le suspens a duré jusqu’aux dernières heures de course et on est passé à deux doigts, ou plutôt quelques minutes près, de la validation de l’épreuve. Mais jusqu’au bout, organisateurs et coureurs se sont battus pour honorer un spot qui ne leur a pas fait de cadeau cette fois.

 

Le clap de fin est tombé sur cette première épreuve de l’année sur le spot de Marignane, aux portes de Marseille. Après cinq jours de parking et une compétition en stand-by aux portes des demi-finales, c’est à 11 heures du matin ce lundi de pâques (sixième et dernier jour de course), que le vent d’est s’est finalement décidé à récompenser les efforts des 200 coureurs et organisateurs qui s’activent depuis quelques mois pour proposer une étape de Coupe du monde de slalom en France pour laquelle 64 hommes (26 français) et 29 femmes (17 françaises) avaient répondu à l’appel.

 

A 11h35, la première demi-finale femmes est lancée mais entre le vent irrégulier, les départs prématurés et surtout six courses sont annulées faute de vent. Les heures défilent. Les coureurs peuvent passer d’une situation surtoilée en 8,6 m² à une perte de planing en plein bord quelques minutes plus tard, il faut envisager de naviguer de 6,2 à 9,0 m². La suite de la journée sera longue, très longue, pour les qualifiés qui doivent être prêts en quelques minutes à disputer un heat important pour la suite de leur saison.

 

Delphine Cousin annonce la couleur

Il faut finalement attendre 14h30 heures pour valider la finale gagnante des filles avec une domination sur toute la manche de Delphine Cousin. La Bretonne championne du monde en titre creuse l’écart à chaque jibe sur sa grande rivale et amie Marion Mortefon, qui devance la Norvégienne Oda Johanne Brodholt, très affûtée et Maelle Guilbaud. La grande perdante, c’est Lena Erdil qui concède des places à chaque relance de jibe. Lilou Granier de Nouvelle-Calédonie termine septième de cette manche, confirmant un excellent départ de saison pour nos quatre françaises et un petit ascendant sur leurs grandes prétendantes Turques, Lena Erdil et la jeune Fülya Ünlü.

En finale perdante, dans un vent de 14-22 nœuds, la Néo-Calédonienne Océane Lescadieu l’emporte haut la main devant la Turque Fülya Ünlü

L’épreuve est validée chez les filles, l’organisation pousse un OUF de soulagement !

 

A 16 heures, le vent monte soudainement pour les garçons

Dans la première demi-finale, Pierre Mortefon a eu très chaud. Dans le dernier jibe, alors qu’il est cinquième et non qualifié, il tente le tout pour le tout : il fait l’intérieur à la bouée et double deux concurrents, dans un trou de souris. Très culotté mais magnifique, de l’étoffe d’un champion du monde !

 

Après une petite dizaine de manches avortées faute de vent, à 16 heures, le vent passe subitement de 7-12 nœuds à 15-27 nœuds pour les secondes demi-finales. C’est à la rue qu’Antoine Albeau se qualifie en finale devant Julien Quentel, Jordy Vonk et Bruno Martini, revenu de loin.

 

 

La pression est à son comble sur cette finale gagnants que les coureurs attendent depuis six jours. Après deux rappels généraux (Reuscher et Martini passent à la trappe), la finale se dispute à 6six Il est 16h24, il fait gris, Koerdel, Mortefon, Maynard, Albeau, Quentel et Vonk s’apprêtent à jouer une partie importante qui va compter pour la saison.

Le vent remonte à 15-28 nœuds quelques minutes du départ. Comme les courses se déroulent loin au large sans avoir le temps de revenir à terre, les coureurs ont prévu le coup, il ont à leur disposition un second jeu de matos emmené par un caddy. Ainsi, Pierre Mortefon troque au dernier moment son quiver grosse planche/8,6 m² contre un quiver planche medium/7,8 m² alors qu’Antoine Albeau préfère rester en grosse planche et 8,6 m². Julien Quentel n’a pas le choix, son caddy, qui en avait marre d’attendre, est rentré à terre avec sa planche médium/7,8 m², il va devoir rester en grosse planche/8,6 m² ! Les options sont prises, les dés sont jetés, faites vos jeux !!

 

16h35, comme sur la demi-finale, Antoine Albeau part sous le vent et vole en tête vers la première bouée, talonné de près par un Pierre Mortefon remonté comme une pendule. Pierre profite d’un jibe large d’Antoine sur la deuxième bouée – F192 est gêné par son gros matos dans la courbe – pour lui faire l’intérieur et passer la surmultipliée. Pierre sait qu’il a fait le bon choix de matos, il ne sera plus rejoint. Antoine lui sait que la saison va être longue et assure la deuxième place devant l’excellent Allemand Koerdel et le jeune prodige Néerlandais Vonk. Finian Maynard, toujours aussi rapide, devance un Julien Quentel à la rue sur toute la manche avec son gros matos : il n’a pas pu défendre ses chances, il est déçu !

 

Une fois n’est pas coutume, le Mistral est resté aux abonnés absents sur les six jours de course, laissant place à un flux d’est/sud-est, un vent fortement perturbé par le relief. C’est la configuration météo la pire pour ce spot, la plus aléatoire, obligeant la petite centaine de riders et autant de membres de l’organisation à rester en stand-by dix heures par jour. Rageant lorsque l’on sait qu’il y avait parfois 25 nœuds de vent sur les spots du Var, à moins d’une heure de voiture ! C’est malheureusement la loi dans notre sport. Heureusement, le lundi de Pâques a sauvé la mise.

 

Les grands perdants de Marignane

Eliminés dès les quarts de finale, cinq français du top 13 PWA 2018 comme Toselli (qui se fait rentrer dedans avant le départ), Moussilmani, Algret et Bordes (départs prématurés) ou Questel mais aussi le vice-champion du monde en titre Mateo Iachino. Une fois n’est pas coutume, ils n’étaient plus que quatre Français parmi les seize demi-finalistes. Bien sûr, ce n’est que la première étape, la saison va être longue et pleine de rebondissements. Il faut également savoir que lorsqu’une seule manche est validée comme à Marignane, le nombre de points du premier est égal à celui du quatrième d’une compète où il y a plusieurs manches courues. Comme une sorte de coefficient, ce qui est logique.

 

Les bonnes surprises de Marignane

Côté Frenchies, Basile Jacquin (20 ans) continue sur sa lancée (19e en PWA 2018 et double champion du monde jeunes PWA) avec une très grosse glisse et de bons jibes mais il passe malheureusement à côté de sa demi-finale. Bonne perf également pour Nicolas Goyard (un autre jeune de 23 ans) qui a passé ces derniers mois 95 % de son temps sur le foil ! Parmi ceux que l’on a vu glisser très fort, Arnon Dagan, Bruno Martini et Damien Arnoux.

Chez les filles, la première bonne surprise, ce sont les 29 inscrites (un nouveau record) dont 17 Françaises et 12 étrangères.

 

Le CN Marignanais a réussi son pari

Le club de Marignane a réussi l’exploit en quelques mois à trouver les budgets et organiser sa première étape de PWA de slalom. L’équipe, assistée d’une petite centaine de bénévoles locaux avec une présidente Delphine Bijvoet-Bremond sur tous les fronts, a réussi le challenge de convaincre la métropole Aix-Marseille, la mairie et les partenaires locaux dans cette aventure en démontrant au monde son savoir-faire à terre et sur l’eau. Un grand bravo à toutes et à tous en souhaitant que ce formidable projet perdure dans les années futures. Avec un vent plus consistant cette fois !

Les efforts ont été récompensés avec un résultat complet chez les hommes et les femmes.

 

Prochaine étape PWA au Japon mi-mai (slalom et foil pour les hommes et les femmes) suivie de la Corée (slalom pour les hommes et slalom+foil pour les femmes).

 

Résultats hommes Marignane

https://www.pwaworldtour.com/index.php?id=2222

 

 

Résultats femmes Marignane

 

https://www.pwaworldtour.com/index.php?id=2221

 

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