Marine Hunter remporte l’Aloha Classic

Drôle d’ambiance à Ho’okipa pour ces demi-finales hommes et l’épreuve femmes qui viennent de s’achever il y a quelques heures seulement. Sous un ciel gris et pluvieux, dans une atmosphère automnale peu habituelle à Hawaï ! Les riders ont disputé des heats de 27 minutes dans un vent très léger, insuffisant pour planer, mais avec de belles vagues dépassant les deux mètres sur les meilleures séries. Plus que jamais, les locaux ont su tirer profit de leur connaissance du spot pour trouver les meilleures vagues et se placer idéalement.

Dans la première demi-finale, Marc Paré Rico n’a laissé que des miettes à ses adversaires. Rapide, puissant et d’une grande fluidité, il fait parler son surf avec un excellent goiter et un bel aerial tweaké. Il remporte largement le heat et décroche le premier ticket pour la finale. Antoine « Titoun » Martin prend la deuxième place grâce à un superbe goiter one hand dans les trois dernières minutes. Il devance Marcilio Browne, qui a pourtant livré un surf puissant et engagé, mais a manqué de réussite sur deux manœuvres, un 360 et un goiter, qui échouent de peu. Boujmaa Guilloul a également montré de belles choses, notamment en aerial, mais ce n’était pas suffisant face à ce plateau de malade.

« En début de saison, je n’étais pas sûr de pouvoir me mettre en position de remporter un autre titre mondial. C’est vraiment excitant, mais j’essaie de ne pas penser au titre. Tout ce que je veux, c’est naviguer au mieux de mes capacités et montrer ce dont je suis capable. Mais mon objectif était d’atteindre la finale de l’Aloha Classic. » – Marc Paré Rico

La deuxième demi-finale a offert un véritable récital de Bernd Roediger. Dès les premières minutes, le local impose son rythme avec un excellent choix de vagues et des enchaînements particulièrement fluides. Mais c’est sur une grosse série qu’il va frapper le plus fort : un aerial suivi d’un taka posé sur la crête ! Un enchaînement spectaculaire, crédité de 8,32 points, qui restera le move de la journée. Avec le meilleur score du jour, Bernd prend définitivement le large et remporte le heat.

Derrière lui, la lutte pour la deuxième place a tenu toutes ses promesses. Morgan Noireaux, Liam Dunkerbeck et Thomas Traversa se tiennent dans un mouchoir de poche à cinq minutes de la fin. Thomas, pourtant très fluide dans ses surfs, ne parvient pas à concrétiser ses tentatives de goiter et de 360. Liam montre lui aussi de belles dispositions, loin de son terrain de jeu habituel de Pozo, aux Canaries. Mais Morgan finit par prendre l’ascendant avec un bel aerial tweaké dans les trois dernières minutes. Il consolide sa deuxième place jusqu’au bout, avec un dernier taka dans les vingt dernières secondes.

Marc Paré Rico, Antoine Martin, Bernd Roediger et Morgan Noireaux passent sur une finale très ouverte.

Marine Hunter domine la finale féminine

Seize rideuses sont engagées dans cette Aloha Classic. Les sept premières du classement mondial sont présentes, à l’exception de Sarah-Quita Offringa, forfait sur blessure. Trois prétendantes au titre mondial sont notamment en lice : Lina Erpenstein, leader du classement, Maria Behrens et Marine Hunter, qui se tiennent dans un mouchoir de poche.

Marine Hunter et Lina Erpenstein en finale.

Dans la première demi-finale, Marine Hunter s’impose face à l’Américaine Angela Cochran, la doyenne de l’épreuve, quadruple vainqueure de l’Aloha Classic (1989, 1990, 1991 et 2000), une figure historique d’Ho’okipa !

La deuxième demi-finale est remportée par Lina Erpenstein devant Maria Behrens. La bataille pour la deuxième place est particulièrement serrée avec Lisa Wermeister, qui échoue de peu à la qualification : 8,28 points pour Maria contre 8,07 pour Lisa. Les deux rideuses ont bien surfé, mais Maria a bénéficié d’un peu plus de réussite. Sol Degrieck reste également aux portes de la finale.

Marine Hunter, une Parisienne, remporte l’Aloha Classic

Marine Hunter arrive en finale avec de solides références. Elle a déjà signé le meilleur score de la journée au premier tour avec 13,80 points, avant de récidiver en demi-finale avec le meilleur score des demies.

En finale, elle prend rapidement les commandes. Plus engagée et plus puissante, elle prend davantage de vagues et sélectionne les meilleures séries. La différence est nette. Lina Erpenstein, plus fluide et très verticale dans ses surfs, peine à trouver le bon timing et se retrouve souvent en retard.

Dans la deuxième partie du heat, le vent tombe encore. Le replacement pour aller chercher les vagues devient particulièrement difficile et les rideuses doivent beaucoup nager entre les séries.

Alors que Maria Behrens se montre plus réservée, avec moins d’engagement dans ses surfs, Marine, au contraire, affiche une vraie volonté de gagner. Son surf puissant et ses choix de vagues font la différence jusqu’au bout. Elle remporte logiquement et largement cette finale. En demi-finale, même Angela Cochran n’aura pas réussi à exprimer son talent dans ces conditions très légères et complexes, ne parvenant à prendre qu’une vague en 27 minutes.

Le vent, déjà très léger pendant les finales féminines, finit par tomber complètement. La grande finale hommes est bien lancée, mais les conditions ne permettent pas aux riders de s’exprimer. Après de longues minutes passées à tenter de se replacer au large, le heat est interrompu et reporté à demain. La lutte pour le titre mondial reste donc entière !

Un grand bravo à Marine Hunter, qui remporte avec brio sa première Aloha Classic après avoir remporté les Maui Pro en 2025 et 2026. Ce que beaucoup ignorent, c’est que Marine n’a pas grandi sur une île ou au bord de la mer, mais en banlieue parisienne (NDLR : retrouvez notre ITW de Marine dans le Planchemag 433). Alors, on imagine le chemin parcouru pour arriver à remporter la plus mythique épreuve de vague au monde, sur l’île de Maui, à Hawaï. Elle prouve que tout est possible lorsque l’on croit en ses rêves et que l’on se donne les moyens d’y parvenir. Désormais deuxième au ranking mondial avant le Chili, derrière Lina Erpenstein, elle voit s’ouvrir les portes du titre mondial. Un beau coup à jouer.

« Ça n’a pas été facile. Je ne savais pas que j’avais gagné, car je n’ai pris que trois vagues, dont une seule de bonne qualité. Maintenant, je suis contente, mais j’étais sous le choc. » – Marine Hunter

Source : World Wave Tour

Photos : Fish Bowl Diaries

Résultats des heats (dans le bracket) et live : https://www.pwaworldtour.com/events/detail/2026-aloha-classic-maui/