Disparition de Jamaïne Carlotti

C’est avec infinie tristesse que nous venons d’apprendre le décès de la jeune guadeloupéenne Jamaïne Carlotti, des suites d’un accident de la circulation vers Montpellier.

Jamaïne n’avait que 21 ans et faisait partie des grands espoirs du windsurf féminin, couronnée championne du monde jeunes en 2018, et plus récemment championne de France jeunes en 2020.

Une jeune fille pétillante dont la disparition suscite une très vive émotion auprès de tous les jeunes, toutes les personnes qui ont eu le privilège de la rencontrer, de partager sa passion sur l’eau et sa gentillesse, son rayonnement à terre.

Jamaïne laisse un grand vide.

Toutes nos pensées vont à sa famille, ses proches et ses nombreux amis sur son île de Guadeloupe et partout ailleurs.

 

« J’ai eu le plaisir de croiser Jamaïne à plusieurs reprises sur le tour AFF et nous avions eu l’occasion de discuter plus longuement à l’occasion de l’interview qu’elle m’avait  accordée pour l’Espoir du mois, dans le n° 403 de Planchemag, paru en août 2019.

Partagée entre son île de Guadeloupe et la métropole où elle poursuivait ses études, elle avait fait de cet éloignement une force que bon nombre de ses camarades lui enviaient. Elle affirmait du reste que ses années d’internat pour intégrer le pôle Espoir slalom lui avaient appris l’autonomie et le détachement – notamment de sa famille.

Sur l’eau, Jamaïne n’a jamais rien lâché, bataillant sans cesse pour conserver les titres acquis (plusieurs fois championne de Guadeloupe, championne de France Jeunes 2020, championne du monde IFCA 2018, championne de France Jeunes en vagues…), visant les titres à venir sur les compétitions IFCA, IWT et PWA, coupe du monde qu’elle ambitionnait de participer dans son intégralité.

Motivée, le couteau toujours entre les dents, la souriante guadeloupéenne aspirait aussi à toujours plus de confrontations avec les meilleures mondiales, et notamment ses modèles et amies, Delphine Cousin et Marion Mortefon.

Jamaïne, qui avait compris que son endroit préféré au monde n’était autre que son île natale de Guadeloupe, rêvait de partir au Chili pour rider les eaux froides de la vague de Topocalma. Peut-être la survole-t-elle déjà ?…

Il va me rester à jamais son sourire, ses fous rires complices avec sa bande de copines de l’AFF, son inextinguible joie de vivre, sa passion communicative. Les départs de courses n’auront pas la même saveur dans les mois à venir, mais je suis certain que son ombre tutélaire poussera les vents favorables dans la bonne direction. »  Thierry Travers

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